Ma bite, mon amie – Autoportraits

« Dis, dessine-moi un pénis. »

Je suis un homme. J’aime primitivement être ce que je suis.

Exhibition - Mon pénis étendu - Série Ma bite, mon amie © David Noir 2017
Exhibition – Mon pénis étendu © David Noir 2017

J’aime mes pulsions. J’aime autant mon sexe lorsqu’il s’érige que lorsqu’il se tient flaccide.

Courbe de ma queue bandée - Série Ma bite, mon amie © David Noir 2017
Courbe de ma queue bandée © David Noir 2017

J’aime vivre à mon rythme exclusivement. Je suis un individu ; pas un animal social.

Ma part animale - Sperme gouttant du gland - Série Ma bite, mon amie © David Noir 2012
Ma part animale – Sperme gouttant du gland © David Noir 2012

Ma sociabilité est un mensonge pour moi, une vérité pour les autres. Rien de mon être intime ne parvient tout à fait au dehors. Pourtant quand je m’exhibe, à travers l’écriture, les images ou en scène, le fond de ce qui m’anime est d’emblée rendu visible. C’est la situation de vulnérabilité qui seule peut donner toute sa force à mon éphémère existence. C’est ce qui fait que j’en profite ; que je peux être en disposition d’en profiter. Je considère avec un dédain profond l’imbécillité facile de mes contemporains qui tend à valoriser la valeur ; à ne pas la considérer comme une notion non seulement grotesque, subjective et sans fondement, mais essentiellement source d’oppression dans toutes les sociétés qui nous accablent de leurs hiérarchisations, qu’elles soient culturellement sentencieuses ou hystériquement populistes.

Erections brunes - Série Ma bite, mon amie © David Noir 2017
Erections brunes © David Noir 2017

J’ai davantage d’échanges avec ma bite qu’avec la plupart des humains.

Mon gland en tension - Série Ma bite, mon amie © David Noir 2017
Mon gland en tension © David Noir 2017

La ritualisation de nos vies est le pire de ce qui nous arrive depuis l’aube des temps humains ; autrement dit, ce qui se fait, ce que l’on doit faire pour être considéré, intégré : l’usage de l’air du temps, de la phrase préfabriquée, l’absence volontaire de singularité, le respect des rites.

J’ai horreur des débats et des idées qui se limitent à être des idées. Je ne souhaite pas d’avenir pour l’humanité en l’état. Je ne crois pas à son aptitude à progresser, à devenir moins stupide et médiocre. Qu’est-ce que l’humanité en dehors de sa véhémente capacité à consommer et à produire de quoi satisfaire ses appétits de consommation ?

Il faut pourtant avoir un regard effectif et passer outre le réel terrifiant. Il faut pourtant se créer ce regard différent. Il faut pourtant savoir parler pour pouvoir se taire.

Le bon ordre des choses : parler pour se taire

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