Ballade post Iconicum

Formation continue à la pratique de la scène et au jeu d’acteur Scène Vivante

Scène Vivante - David Noir - Cours, stages, coaching - Théâtre - Méthode d'improvisation - Performance - Prise de parole en public

Workshop « Iconicum » : performance participative

Toute ma gratitude aux performeurs et performeuses, public y compris, qui se sont immergés tout au long de cette traversée, Mes profonds remerciements à Anne et à la valeureuse équipe du grand G qui mettent toutes leurs énergies à rendre ces instants possibles.

1. Genèse d’une improvisation collective

Une promenade à rebours à travers le déroulement des ateliers

Scène Vivante - David Noir - Cours, stages, coaching - Du théâtre à l'improvisation à la performance - Workshop - ICONICUM au Générateur - [frasq] #7 rencontre de la pArformance
Création en direct d’ICONICUM – Atelier puis performance participative représentée au Générateur – [frasq] #7 rencontre de la pArformance

Il y aurait selon moi, des thèses entières à écrire sur l’interaction de tous les phénomènes passionnants qui se produisent à l’intérieur d’une séance d’improvisation collective ou d’une performance participative telle que nous pouvons en vivre en atelier ou, comme tout dernièrement lors d‘Iconicum, durant le festival frasq au Générateur, en public. C’était une réelle première de ce point de vue.

Nous avions déjà auparavant, avec les membres de l’atelier fondateur de ce processus (7 années passées à expérimenter et expérimenter encore), tenté cette approche, mais le résultat avait laissé plusieurs d’entre eux insatisfaits, voire carrément mal à l’aise de devoir procéder ainsi à leurs expériences sous le regard d’un tiers « non participant ». Nous en étions aux balbutiements de la pratique de cette méthode et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis ; notamment ma propre pratique de la performance dite « guidée » ou semi-improvisée qui s’est affinée et accrue grâce au travaux de recherche et de création que me permet d’effectuer Le Générateur.

Si je n’en suis pas moi-même à l’écriture d’un mémoire sur le sujet, je suis néanmoins très stimulé pour consacrer plusieurs articles au sujet de ces phénomènes qui me passionnent et dont je pressens l’étude à venir comme un puit d’enrichissements insondables en la matière.

2. La matière, qu’elle est-elle ?

Présupposant qu’à l’origine de la création de tout univers il faut un big-bang, je tente de réunir les conditions d’alchimie nécessaires à ce qu’un maelstrom se forme. Les praticiens les plus familiers de cette méthode, mais aussi de nouveaux participants très spontanés et venant d’horizons différents, créent naturellement ce mouvement propice à entraîner et inclure toute proposition en son cœur. La visée première est invariablement de construire une machine propre à entretenir et fabriquer une forme d’énergie collective ; autrement dit, un générateur, ce qui pourrait faire penser en l’occurrence qu’il n’y a pas vraiment de hasard dans le déroulement de cette quête.

La machine a parfaitement le droit de hoqueter, caler, redémarrer

Chaque nouvelle expérience donnant lieu à l’émergence d’un prototype singulier, comparable à ceux qui rendirent possible les débuts de l’automobile ou la conquête des airs. Le « ratage » ou sentiment de ratage, ne doit donc en aucun cas être vu comme un problème, sous peine de nuire à la mise en évidence d’un objectif bien plus ambitieux que celui d’un spectacle « réussi » que, dirais-je, quiconque s’intéresse à la scène devrait savoir produire sans difficulté avec un peu d’expérience.

Mais il s’avère justement que c’est là que le problème réside bien souvent : dans la soif de fabriquer du « beau », arbrisseau cachant la forêt pourtant dense et profonde de formes inconnues, apparemment de prime à bord incompréhensibles pour nos entendements codifiés.

Il n’y aucun mystère à ça ; si vous voulez faire du convenu, faites du « beau » selon l’idée que vous croyez en avoir ; vous serez ainsi assurés de ne rien découvrir.

Ce faisant vous vous priverez et votre public avec, d’une matière à réflexion et à ressentir, toute particulière.

3. Qualités de la matière première

Le matériau obtenu durant nos expériences en ateliers se retrouve spontanément, bien que sous des formes moins élaborées, dans la performance participative. Il tire avantage de se présenter d’abord sous une forme fluide, à travers laquelle les corps, les énergies, les sons, les mots, les regards et les actes doivent être amenés à tournoyer suffisamment rapidement pour que la volonté inhérente à chacun/e de donner du sens, lâche prise. Ce fameux et très galvaudé « lâcher prise » n’est pas pris par moi, dans le cas présent, pour un vain mot. Il y a, non pas une volonté à rompre ou à faire ployer, mais une dissociation à opérer.

Notre maelstrom se doit d’être une véritable centrifugeuse avant que de pouvoir transformer et générer quelque énergie que ce soit. C’est donc bien dans l’acception « chimique » du terme qu’il faut entendre l’emploi du verbe dissocier, puisqu’il s’agit d’obtenir une séparation des éléments constitutifs du psychisme selon leur densité, afin de pouvoir les utiliser plus efficacement ensuite.

De même que la centrifugation du sang permet d’obtenir séparément plasma, globules blancs et globules rouges en couches bien distinctes, l’excitation concentrique des forces en présence sous l’effets de stimuli extérieurs permanents (indications vives, musiques parfois, entrainement ludique collégial, épanchements progressifs des émotions, agitation des corps …) pousse à organiser spontanément la danse et l’éveil des sens hors de leurs contextes normés.

Le mot est lâché. En effet, tout est là : dans ces idées sournoises autant que protectrices et constantes, que nous nous faisons des choses de la vie, de nous-mêmes et des autres.

Il est important si l’on veut me suivre, de ne voir aucun jugement moral ni échelle de valeur derrière mes propos, entre ce qui serait normé et ce qui ne le serait pas. Je ne crois nullement à la supériorité de l’un sur l’autre, chaque processus de pensée ayant son intérêt et ses utilités diverses suivant les situations. Dans le travail qui nous occupe, il est simplement impératif d’être débarrassé le plus possible de la couche extérieure qui constitue ce que nous nommons « personnalité » dans une environnement social quotidien.

Telle une croûte durcie par l’accumulation des effets irritants de notre friction à un monde qui ne va pas, loin s’en faut, au rythme de nos désirs, cette surface apparente aux yeux de tous est surtout le fruit de réactions aux sollicitations, déceptions et agressions diverses, plutôt qu’une création personnelle inspirée par les mouvements de notre cœur.

J’emploi ici à dessein, cœur et non esprit ou désir car je crois que c’est véritablement en dernier lieu que peuvent se libérer de nos propres diktats, intelligence créative et pulsions animales.

À ce stade, nous ne sommes toujours pas prêts/es à y accéder véritablement. Ce ne sont là que les prémices instinctifs de la mise en place du travail. Quelques étapes cruciales manquent encore pour que surgisse le sentiment évident de notre terrain de jeu dans l’esprit de chacun/e.

à suivre

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