Système racinaire

Prendre racine. Pourquoi pas ?

Quand on prie la bonne étoile ?!

En quête de lointains terrains vagues © David Noir 2017
En quête de lointains terrains vagues © David Noir 2017

Non, l’étoile ne vous donnera pas la clef du blog ; je ne suis pas assez idéaliste pour que ça se passe comme ça. Même si en écrivant ces mots-là, malgré moi, j’ai en tête, le générique sirupeux et somptueux du Pinocchio, avili et magnifié par la terrible machine du grand Walt. Terrible quand même, cette puissance du rêve crémeux qui nous poursuit encore. Mais justement ; c’est là le problème. Lui nous poursuit encore, faute de ne plus le poursuivre, nous. Car nous savons tout ; depuis presque toujours et bien plus encore, n’est-ce pas ?

Nul endroit où s’ancrer, il n’y a pas de racine dans le ciel.

Tant pis, je risque quand même d’avoir toujours envie de crayonner ici ou là ; taguer ceci ou cela, mais comme Walt, non. Je ne sais pas faire Mickey mais je le regrette vivement, croyez-le. En réalité, non.

L’impression de stabilité est plus sensible quand la racine affleure à la surface du sol

et pourtant…

Non, je ne sais dessiner qu’à ma façon un peu crado et c’est pour celle-là que j’opte ; au plafond, dans les sous-sols, de manière un peu anarchique. Ça fait quand même du bien. On est content quand même et puis, le chaos a ses bons côtés. Ainsi, pour moi, c’est libératoire de ne pas avoir à donner un titre chaque fois que je me fends d’une petite sentence sur le Web. Et puis ça serait ridicule ; toute inscription ne prétend pas avoir la teneur ou le format d’un article. Pourtant je ne voudrais pas m’en priver non plus, de ces graffitis sans objet. C’est pour ça que j’ai monté un mur. Un site c’est un d’abord mur. Mais pas forcément pour écrire dessus comme le propose ou l’impose facebook, mais pour se couper des autres et travailler au calme, en vitrine. Je me sens bien, ainsi ; au zoo ; à regarder qui me regarde. Pour pouvoir taguer des petites phrases qui seraient susceptibles de me passer par la tête et n’avoir que le souci de les attraper à la volée, sans me préoccuper de contraintes plus formelles, je me mets en posture d’exhibition spontanée. C’est un peu ça une performance pour moi. Mais bon, comme je disais, il y a quand même des passages pour me rejoindre au cœur du blog au cas où vous voudriez aller plus avant dans ses entrailles. Et puis il y a les représentations parfois. Comme des médaillons suspendus ou cloués au tronc d’une grosse racine qui peut faire penser à un arbre. Ça donne à l’ensemble un faux air de totem je trouve. Enfin, c’est à vous de voir. Oui, c’est ça ; vous verrez bien ou vous ne verrez pas bien ; ou vous ne verrez rien. C’est comme au théâtre. Tout dépend de la place que l’on a pu se procurer.

à la racine de…

Voilà longtemps que j’avais envie de laisser croître un genre de rhizome comme ça en travers de mon immeuble, hein, pas vrai Tintin ? C’est du jardinage. Mais ses murs n’étaient pas assez fissurés sans doute. Parce que c’est une grosse racine que j’ai plantée là, un peu comme une aorte végétale qui va pouvoir m’apporter un peu de sang frais dans les veines. Du sang ou en l’occurrence de la sève puisée dans des strates un peu plus profondes. Enfin, c’est ce que je me dis, car j’ai un système circulatoire difficile, capricieux. Ça ne circule pas assez ; ça se bouche même parfois. Quelque chose doit faire obstruction, sûrement. J’ignore quoi. Je ne suis pas assez calé. Mais comme je n’ai pas envie de risquer l’embolie, je construis un immeuble – oh entendons-nous, rien de luxueux – j’appelle ça « immeuble » mais je pourrais tout aussi bien dire un tas de briques – je mets en forme un tas de matériaux donc et j’essaie que ça tienne debout.

Racine du site © David Noir 2015
Racine du site © David Noir 2015

Puis quand ça a un peu vieilli, que c’est bien sec, que ça a vécu quelques temps, j’attends qu’une grosse ronce ou quelque chose du genre vienne l’envahir, le traverse, l’enlace et le transperce, jusqu’à en désolidariser les moellons, car il y en a quand même quelques-uns par endroits. Oui, il est possible parfois de tomber sur quelques pierres véritables et anciennes sur mon chantier. C’est parce que je recycle beaucoup. Je prends ce que je trouve. Je fais avec ce que j’ai ; ce que l’environnement recèle à portée de main. Tous ces composants forment forcément un amalgame très hétéroclite qui de ce fait, peut avoir un caractère instable. Mais je crois que j’aime bien ça. Je me sens chez moi dans les ruines.

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